Syndrome du canal carpien : fourmillements et douleurs de la main
Des fourmillements du pouce, de l'index et du majeur qui vous réveillent la nuit font penser à un syndrome du canal carpien, une compression du nerf médian au poignet. Pris en charge tôt, il est souvent soulagé par des moyens simples. Au cabinet du Dr Amal Zerrak à Casablanca, l'examen et l'échographie du poignet aident à confirmer le diagnostic et à choisir le traitement.
- Symptômes principaux : Fourmillements des 3 premiers doigts, surtout la nuit ; parfois perte de force
- Examens : Examen clinique, échographie du poignet au cabinet, EMG si besoin
- Traitements possibles : Attelle de nuit, infiltration échoguidée, avis chirurgical si forme sévère
- Quand consulter vite : Perte de force, objets qui tombent, fonte du muscle du pouce
Qu'est-ce que le syndrome du canal carpien ?
Le canal carpien est un passage étroit situé à la face avant du poignet, entre les petits os du poignet et un ligament épais. Il laisse passer les tendons qui plient les doigts et un nerf important, le nerf médian. Quand ce nerf est comprimé dans le canal, il provoque des fourmillements et des douleurs dans la main : c'est le syndrome du canal carpien, la compression nerveuse la plus fréquente au membre supérieur.
Il touche plus souvent les femmes, en particulier après 40 ans, et parfois les deux mains. Plusieurs situations le favorisent : gestes répétés ou forcés du poignet, grossesse, ménopause, diabète, hypothyroïdie, surpoids, polyarthrite rhumatoïde ou ancienne fracture du poignet. Souvent, aucune cause précise n'est retrouvée.
Les symptômes
- fourmillements, picotements ou engourdissement du pouce, de l'index, du majeur et d'une partie de l'annulaire ; le petit doigt est en général épargné ;
- symptômes souvent plus forts la nuit ou au réveil : beaucoup de patients se réveillent et secouent la main pour la « réveiller » ;
- gêne lors de certaines activités : tenir le téléphone, conduire, coudre, lire un journal ;
- douleur pouvant remonter vers l'avant-bras, parfois jusqu'à l'épaule ;
- à un stade plus avancé : maladresse, objets qui tombent des mains, perte de force pour pincer, et parfois fonte du muscle à la base du pouce.
Une perte de force ou une fonte musculaire qui apparaît doit conduire à consulter rapidement, car elle traduit une souffrance plus importante du nerf. Une douleur et un engourdissement brutaux et intenses de la main après un traumatisme du poignet relèvent des urgences (15 / 141).
Le diagnostic
Le diagnostic repose d'abord sur la description des symptômes et l'examen clinique : sensibilité des doigts, force du pouce, tests de provocation au niveau du poignet. L'examen recherche aussi une autre cause de fourmillements, en particulier une atteinte d'une racine nerveuse au niveau du cou.
L'électromyogramme (EMG), réalisé par un neurologue ou un spécialiste habilité, confirme la compression et mesure sa sévérité. Il est surtout utile en cas de doute ou avant une éventuelle chirurgie. L'échographie du poignet, réalisée au cabinet, permet de visualiser le nerf médian, de rechercher un gonflement du nerf et de trouver parfois une cause locale : inflammation des tendons (ténosynovite), kyste ou anomalie anatomique. Une prise de sang peut être proposée pour rechercher un diabète, un trouble de la thyroïde ou un rhumatisme inflammatoire.
La prise en charge au cabinet
Le traitement dépend de l'intensité des symptômes et de l'atteinte du nerf, selon l'examen et l'indication posée par le médecin :
- une attelle de repos nocturne qui maintient le poignet droit pendant la nuit : simple et souvent efficace sur les réveils nocturnes dans les formes légères à modérées ;
- l'adaptation des gestes : réduire les mouvements répétés ou forcés du poignet et faire des pauses ;
- le traitement d'une cause lorsqu'elle existe (équilibre d'un diabète ou d'une hypothyroïdie, traitement d'un rhumatisme inflammatoire) ;
- une infiltration échoguidée de corticoïdes dans le canal carpien : elle soulage souvent les symptômes, parfois de façon durable, parfois seulement pendant quelques mois. L'échoguidage permet de placer l'aiguille près du nerf sans le piquer ;
- un avis chirurgical en cas de forme sévère, de perte de force, de fonte musculaire, d'atteinte importante à l'EMG ou de récidive malgré le traitement. L'intervention, réalisée par un chirurgien de la main, consiste à ouvrir le ligament pour libérer le nerf.
Précautions et effets indésirables de l'infiltration
Après l'infiltration, une douleur ou des fourmillements passagers sont possibles pendant un à deux jours. On peut observer une rougeur du visage ou une hausse temporaire de la glycémie chez les personnes diabétiques. Plus rarement : décoloration ou amincissement de la peau au point d'injection, et exceptionnellement infection ou atteinte du nerf. L'infiltration n'est pas faite en cas d'infection, d'allergie connue au produit ou de déficit important du nerf qui relève plutôt de la chirurgie. Un traitement anticoagulant doit être signalé. Les infiltrations répétées ne sont pas recommandées.
Pendant la grossesse
Le canal carpien est fréquent pendant la grossesse, à cause de la rétention d'eau. Il disparaît le plus souvent dans les semaines ou mois qui suivent l'accouchement. L'attelle de nuit est alors le traitement principal.
Conseils au quotidien
- évitez de dormir le poignet plié sous l'oreiller ou sous la tête ;
- alternez les tâches répétitives et faites des pauses régulières ;
- sur ordinateur, gardez le poignet dans l'axe de l'avant-bras ;
- portez l'attelle chaque nuit pendant la durée conseillée ;
- consultez sans attendre si vous perdez de la force ou si la sensibilité diminue de façon permanente.
Comment se déroule la prise en charge au cabinet
- Interrogatoire et examen de la main – Le médecin précise vos symptômes, vos activités et vos antécédents, puis teste la sensibilité et la force des doigts et examine le cou.
- Échographie du poignet – Réalisée au cabinet, elle montre le nerf médian et recherche une cause locale ; un EMG peut être prescrit en complément.
- Choix du traitement – Attelle de nuit, conseils de gestes et, si elle est indiquée, infiltration échoguidée après explication de ses risques.
- Suivi et orientation – L'évolution est réévaluée en consultation ; en cas de forme sévère ou persistante, vous êtes orienté vers un chirurgien de la main.
Questions fréquentes
Le canal carpien peut-il guérir sans opération ?
Oui, dans beaucoup de formes légères à modérées, l'attelle de nuit, l'adaptation des gestes et parfois une infiltration suffisent à soulager les symptômes. La chirurgie est réservée aux formes sévères, avec perte de force ou atteinte importante du nerf, ou qui récidivent malgré le traitement.
L'EMG est-il obligatoire ?
Pas toujours. Quand les symptômes sont typiques et légers, le diagnostic peut être clinique. L'EMG est recommandé en cas de doute, de forme sévère ou avant une chirurgie, car il mesure précisément l'atteinte du nerf.
L'infiltration du canal carpien fait-elle mal ?
Elle peut être un peu désagréable sur le moment, et le poignet peut être sensible un à deux jours. Le guidage par échographie permet de placer l'aiguille avec précision et d'éviter de piquer le nerf.
Pendant combien de temps faut-il porter l'attelle ?
Elle se porte la nuit, en général pendant plusieurs semaines, puis selon les symptômes. Le médecin précise la durée adaptée à votre situation lors de la consultation de suivi.
Mes fourmillements peuvent-ils venir d'autre chose ?
Oui : une névralgie venant du cou, une atteinte d'un autre nerf du bras ou une neuropathie liée au diabète peuvent donner des fourmillements. C'est pourquoi un examen complet, et parfois un EMG, sont importants avant de traiter.