Cervicalgie et névralgie cervico-brachiale : douleur du cou et du bras
Une douleur du cou est le plus souvent bénigne et s'améliore en quelques jours à quelques semaines. Quand elle descend dans le bras avec des fourmillements, il peut s'agir d'une névralgie cervico-brachiale. Au cabinet du Dr Amal Zerrak, rhumatologue à Casablanca, un examen précis permet d'en trouver l'origine et de proposer un traitement adapté.
- Symptômes principaux : Douleur et raideur du cou, parfois douleur et fourmillements dans le bras
- Examens : Examen clinique et neurologique ; imagerie seulement si nécessaire
- Traitements possibles : Médicaments, médecine manuelle douce, exercices, rééducation prescrite
- Évolution : Amélioration en général en quelques semaines ; plus long pour une névralgie
Qu'est-ce qu'une cervicalgie ?
La cervicalgie désigne une douleur du cou, c'est-à-dire de la région cervicale de la colonne vertébrale. C'est un motif de consultation très fréquent. Dans la grande majorité des cas, elle est dite « commune » ou mécanique : elle vient des muscles, des ligaments, des petites articulations entre les vertèbres ou de l'usure des disques (arthrose cervicale). Les mauvaises postures prolongées, le travail sur écran, le stress, un faux mouvement ou une nuit dans une mauvaise position sont des déclencheurs classiques.
On parle de névralgie cervico-brachiale lorsque la douleur descend dans le bras, parfois jusqu'aux doigts. Elle est due à l'irritation d'une racine nerveuse à sa sortie de la colonne cervicale, le plus souvent par une hernie discale ou par un rétrécissement lié à l'arthrose. On l'appelle parfois la « sciatique du bras ».
Symptômes : quand penser à une cervicalgie ou à une névralgie ?
- douleur du cou, parfois vers la nuque, les épaules ou entre les omoplates ;
- raideur, difficulté à tourner ou à pencher la tête ;
- maux de tête qui partent de la nuque (céphalées d'origine cervicale) ;
- douleur qui suit un trajet dans le bras, souvent plus forte que la douleur du cou, avec des fourmillements ou un engourdissement d'une partie de la main ;
- parfois une diminution de la force dans le bras ou la main.
Signes d'alerte
Consultez en urgence (urgences, 15 / 141) en cas de douleur du cou après un traumatisme violent (accident, chute), de fièvre avec raideur de la nuque, de perte de force rapide dans un bras, de difficultés à marcher, de maladresse des deux mains ou de troubles urinaires. Une douleur qui s'aggrave la nuit, qui s'accompagne d'une perte de poids inexpliquée, ou qui survient chez une personne ayant des antécédents de cancer doit aussi être évaluée rapidement.
Le diagnostic
Le diagnostic repose d'abord sur l'interrogatoire et l'examen clinique : mobilité du cou, palpation, examen neurologique du bras (force, réflexes, sensibilité). Cet examen permet de distinguer une cervicalgie commune d'une atteinte d'une racine nerveuse et de rechercher des signes inhabituels.
Les examens d'imagerie ne sont pas systématiques. Une radiographie peut être demandée selon le contexte. Une IRM, réalisée dans un centre d'imagerie, est discutée en cas de signes d'alerte, de déficit neurologique ou de névralgie qui persiste malgré le traitement. Un électromyogramme (EMG) peut aider dans certains cas. L'échographie réalisée au cabinet n'explore pas les disques, mais elle est utile pour vérifier une autre origine possible de la douleur, par exemple une atteinte de l'épaule qui peut ressembler à une douleur cervicale.
La prise en charge au cabinet
Le traitement est adapté à chaque patient, selon l'examen et l'indication posée par le médecin. Il associe le plus souvent :
- des médicaments contre la douleur : antalgiques, anti-inflammatoires sur une courte durée en l'absence de contre-indication, parfois relaxants musculaires ou traitements des douleurs d'origine nerveuse ;
- le maintien d'une activité adaptée : le repos complet et le port prolongé d'un collier cervical ne sont pas recommandés ;
- la médecine manuelle : des techniques douces de mobilisation et de détente musculaire peuvent soulager une cervicalgie commune, après un examen qui écarte les contre-indications. Les manipulations ne sont pas pratiquées en cas de déficit neurologique, de traumatisme récent, d'ostéoporose sévère ou de certains troubles vasculaires ;
- des exercices de mobilité et de renforcement des muscles du cou et des épaules, à poursuivre à domicile ; une rééducation chez un kinésithérapeute peut être prescrite ;
- dans certaines névralgies persistantes, une infiltration peut être discutée ; selon la technique, elle est réalisée en milieu spécialisé sous contrôle radiologique.
Évolution
La cervicalgie commune s'améliore le plus souvent en quelques jours à quelques semaines. La névralgie cervico-brachiale évolue en général favorablement en quelques semaines à quelques mois avec un traitement médical. Un avis chirurgical n'est envisagé que dans des situations particulières : déficit de force important ou qui s'aggrave, compression de la moelle épinière, ou douleur rebelle malgré un traitement bien conduit. Certaines personnes gardent une fragilité du cou avec des épisodes qui reviennent : une bonne hygiène posturale et des exercices réguliers aident à les limiter.
Conseils au quotidien
- placez l'écran à hauteur des yeux et faites une pause toutes les 30 à 60 minutes ;
- évitez de regarder longtemps le téléphone tête baissée ;
- utilisez un oreiller qui garde le cou dans l'axe et évitez de dormir sur le ventre ;
- la chaleur (bouillotte, douche chaude) détend souvent les muscles ;
- gardez une activité physique régulière, comme la marche ou la natation, selon votre tolérance ;
- en voiture, réglez l'appui-tête à la hauteur de votre tête.
Comment se déroule la prise en charge au cabinet
- Écoute et examen – Le médecin fait le point sur vos douleurs, votre travail et vos antécédents, puis examine le cou, les épaules et la force des bras.
- Examens ciblés si besoin – Une échographie de l'épaule peut être faite au cabinet pour écarter une autre cause ; une radiographie, une IRM ou un EMG sont prescrits seulement si nécessaire.
- Traitement personnalisé – Selon l'examen : médicaments adaptés, séance de médecine manuelle douce en l'absence de contre-indication, conseils de posture.
- Exercices et suivi – Vous repartez avec des exercices simples à faire chez vous ; une rééducation peut être prescrite et une consultation de contrôle est prévue si besoin.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une cervicalgie ?
Une cervicalgie commune s'améliore le plus souvent en quelques jours à quelques semaines. Une névralgie cervico-brachiale peut demander quelques semaines à quelques mois. Si la douleur dure au-delà de quelques semaines ou revient souvent, un avis spécialisé est utile.
Faut-il faire une IRM pour une douleur au cou ?
Pas systématiquement. La plupart des cervicalgies se diagnostiquent par l'examen clinique. L'IRM est utile en cas de signes d'alerte, de perte de force ou de névralgie qui ne s'améliore pas avec le traitement.
Les manipulations du cou sont-elles dangereuses ?
Des complications graves sont rares mais possibles, c'est pourquoi un examen médical préalable est indispensable. Au cabinet, la médecine manuelle privilégie des techniques douces et n'est pas pratiquée en cas de contre-indication (déficit neurologique, traumatisme récent, ostéoporose sévère, certains troubles vasculaires).
Le collier cervical est-il utile ?
Il peut être proposé quelques jours dans certaines situations, mais un port prolongé affaiblit les muscles et retarde souvent la récupération. Bouger le cou progressivement, dans la limite de la douleur, est en général plus bénéfique.
Mes fourmillements dans la main viennent-ils forcément du cou ?
Non. Des fourmillements des doigts peuvent aussi venir d'un nerf comprimé au poignet, comme dans le syndrome du canal carpien. L'examen clinique, et parfois un EMG, permettent de faire la différence.