Sciatique et hernie discale : causes, signes et traitements
Une douleur qui part du bas du dos et descend dans la jambe évoque une sciatique, le plus souvent due à une hernie discale. Dans la majorité des cas, elle s'améliore en quelques semaines avec un traitement médical bien conduit, sans chirurgie. Le Dr Amal Zerrak, rhumatologue à Casablanca, vous examine, recherche les signes de gravité et adapte le traitement.
- Symptômes principaux : Douleur du dos qui descend dans la jambe, fourmillements, parfois faiblesse
- Examens : Examen clinique ; IRM seulement si douleur persistante ou signe d'alerte
- Traitements possibles : Activité adaptée, médicaments, infiltration si indiquée, rééducation
- Évolution : Amélioration en quelques semaines dans la majorité des cas
Sciatique et hernie discale : de quoi parle-t-on ?
La sciatique est une douleur qui suit le trajet du nerf sciatique : elle part du bas du dos ou de la fesse et descend à l'arrière ou sur le côté de la jambe, parfois jusqu'au pied. Les médecins parlent de « lombosciatique ».
Sa cause la plus fréquente est une hernie discale. Entre deux vertèbres se trouve un disque, sorte de coussin amortisseur. Lorsqu'il s'abîme, une partie de son contenu peut sortir et appuyer sur une racine nerveuse, qui s'enflamme. Cela touche surtout les deux derniers étages lombaires (L4-L5 et L5-S1). Plus rarement, elle est due à un canal lombaire étroit, surtout après 60 ans, ou à d'autres causes que le médecin recherche.
Point rassurant : dans la grande majorité des cas, la douleur de sciatique s'améliore nettement en quelques semaines avec un traitement médical, et une hernie peut diminuer de volume d'elle-même avec le temps.
Les symptômes
- Douleur dans la jambe, souvent plus forte que celle du dos, avec un trajet précis (cuisse, mollet, dessus ou plante du pied).
- Douleur augmentée par la toux, l'éternuement, l'effort pour aller à la selle ou la position assise prolongée.
- Fourmillements, brûlures, engourdissement ou sensation de « décharge électrique ».
- Parfois une faiblesse : difficulté à marcher sur les talons ou sur la pointe des pieds.
Signes d'alerte
Appelez le 15 / 141 ou rendez-vous aux urgences en cas de difficulté à uriner, de perte du contrôle des urines ou des selles, de perte de sensibilité du périnée et de l'intérieur des cuisses, ou de faiblesse qui s'installe ou s'aggrave dans la jambe (pied qui « tombe » en marchant). Une douleur très intense qui ne cède pas aux antalgiques, une fièvre, un amaigrissement inexpliqué ou un antécédent de cancer imposent aussi une consultation rapide.
Comment se fait le diagnostic ?
L'examen clinique est l'étape essentielle. Le médecin vous interroge sur le trajet de la douleur et réalise des tests simples : levée de la jambe tendue (signe de Lasègue), examen de la force, de la sensibilité et des réflexes. Cela permet de savoir quelle racine nerveuse est touchée et s'il existe un signe de gravité.
En l'absence de signe d'alerte, aucune imagerie n'est nécessaire au début, car la plupart des sciatiques s'améliorent rapidement. Une IRM (ou à défaut un scanner) est demandée si la douleur persiste après plusieurs semaines de traitement, si une infiltration ou une chirurgie est envisagée, ou en cas de signe inhabituel. Ces examens se font dans un centre d'imagerie. L'échographie ne montre pas le disque, mais peut aider à écarter une autre cause de douleur de la fesse ou de la hanche.
La prise en charge au cabinet
Selon l'examen et l'indication posée par le médecin, le traitement associe en général :
- Rester actif autant que la douleur le permet : le repos strict au lit n'est plus recommandé, car il retarde la récupération.
- Des médicaments contre la douleur et l'inflammation, sur une période courte, parfois complétés par un traitement des douleurs d'origine nerveuse. Leur choix tient compte de vos autres maladies et traitements.
- Une infiltration de corticoïdes si la douleur reste importante malgré ce traitement. Elle vise à calmer l'inflammation autour de la racine. Selon le niveau et la technique nécessaire, elle est réalisée au cabinet ou dans un centre disposant d'un guidage radiologique.
- La rééducation : des exercices progressifs, une fois la phase la plus douloureuse passée, pour renforcer le dos et limiter les récidives.
Les effets indésirables possibles de l'infiltration sont surtout une douleur passagère, des maux de tête, une rougeur du visage ou une hausse transitoire du sucre chez le diabétique ; les complications graves sont rares. Elle n'est pas réalisée en cas d'infection ou de fièvre, et tout traitement anticoagulant doit être signalé.
La médecine manuelle n'est pas pratiquée sur une sciatique aiguë avec atteinte du nerf. Elle peut être discutée plus tard pour des douleurs lombaires associées, après examen et en l'absence de contre-indication.
Si la sciatique ne s'améliore pas malgré un traitement bien conduit, ou en cas de perte de force, le Dr Zerrak oriente vers un chirurgien du rachis. L'opération peut soulager la jambe plus vite dans certains cas, mais à long terme les résultats sont souvent proches de ceux du traitement médical : la décision se prend avec vous, au cas par cas.
Conseils au quotidien
- Alterner les positions : marcher un peu, s'allonger quand la douleur augmente, éviter de rester assis longtemps.
- Éviter de soulever des charges lourdes pendant la phase douloureuse ; ensuite, les porter près du corps en pliant les genoux.
- Reprendre le travail et les activités progressivement, dès que possible.
- Après la crise, garder une activité physique régulière, comme la marche ou la natation.
Comment se déroule la prise en charge au cabinet
- Écoute et examen neurologique – Le médecin précise le trajet de la douleur et vérifie la force, la sensibilité et les réflexes de la jambe.
- Recherche des signes d'alerte – Les signes de gravité sont recherchés ; une IRM est prescrite seulement si elle est utile.
- Traitement médical – Médicaments adaptés, conseils pour rester actif et, si la douleur persiste, discussion d'une infiltration.
- Suivi et prévention – Réévaluation de l'évolution, exercices pour le dos et orientation vers un chirurgien si nécessaire.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une sciatique ?
La durée varie selon les personnes. Dans la majorité des cas, la douleur diminue nettement en quelques semaines. Si elle persiste au-delà de 6 à 8 semaines malgré le traitement, un bilan complémentaire est discuté.
Faut-il faire une IRM tout de suite ?
Non, sauf en cas de signe d'alerte. Au début, l'IRM ne change généralement pas le traitement. Elle devient utile si la douleur dure, si une infiltration ou une opération est envisagée, ou si l'examen montre un signe inhabituel.
Faut-il forcément opérer une hernie discale ?
Non. La plupart des hernies discales se soignent sans chirurgie. L'opération est discutée en urgence en cas de troubles urinaires ou de paralysie, et de façon programmée si la douleur persiste malgré un traitement bien conduit.
L'infiltration est-elle efficace contre la sciatique ?
Elle peut diminuer la douleur pendant une période, ce qui aide à reprendre les activités, mais l'effet varie d'une personne à l'autre et n'est pas garanti. Elle est proposée selon l'examen et l'indication posée par le médecin, quand le traitement par médicaments ne suffit pas.
Puis-je faire de l'ostéopathie pour une sciatique ?
Les manipulations ne sont pas conseillées sur une sciatique aiguë avec atteinte du nerf. Une fois la crise passée, des techniques manuelles peuvent être discutées pour la douleur lombaire, après un examen médical qui écarte les contre-indications.