Dr Amal Zerrak – Rhumatologie, échographie musculo-articulaire, médecine manuelle & ostéopathie – Casablanca

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Spondylarthrite axiale et ankylosante : reconnaître un mal de dos inflammatoire

Un mal de dos qui dure depuis plus de trois mois chez un adulte jeune, qui réveille la nuit et s'améliore en bougeant, peut être le signe d'une spondylarthrite. Ce rhumatisme inflammatoire se soigne mieux lorsqu'il est reconnu tôt. Le Dr Amal Zerrak, rhumatologue à Casablanca, pose le diagnostic, s'appuie sur l'échographie au cabinet et assure le suivi, y compris des biothérapies.

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  • Symptômes principaux : Douleur du bas du dos et des fesses la nuit, raideur matinale, douleur du talon
  • Examens : CRP, HLA-B27, radiographie du bassin, IRM des sacro-iliaques, échographie des enthèses
  • Traitements possibles : Exercices quotidiens, anti-inflammatoires, biothérapies si la maladie reste active
  • Urgence à connaître : Œil rouge et douloureux : ophtalmologiste le jour même

Qu'est-ce que la spondylarthrite ?

La spondylarthrite est un rhumatisme inflammatoire chronique qui touche surtout la colonne vertébrale et les articulations du bassin, les sacro-iliaques. On parle de spondylarthrite axiale. Quand l'inflammation a laissé des traces visibles sur la radiographie du bassin, on parle de spondylarthrite ankylosante ; quand les radiographies sont encore normales, de spondylarthrite axiale non radiographique. Il s'agit de la même maladie, à des stades ou sous des formes différentes.

La spondylarthrite atteint aussi les enthèses, c'est-à-dire les zones où les tendons et les ligaments s'attachent sur l'os, par exemple au talon. Elle débute en général chez l'adulte jeune, avant 40 à 45 ans, chez l'homme comme chez la femme. Il existe une prédisposition génétique, liée notamment au gène HLA-B27, mais la plupart des porteurs de ce gène ne développent jamais la maladie.

Les symptômes : un mal de dos pas comme les autres

La douleur de la spondylarthrite est dite inflammatoire, ce qui la distingue du mal de dos mécanique habituel :

  • douleur du bas du dos ou des fesses qui dure depuis plus de trois mois, apparue progressivement ;
  • douleur qui réveille en deuxième partie de nuit et raideur matinale prolongée ;
  • douleur qui s'améliore en bougeant et non au repos ;
  • douleur des fesses, parfois d'un côté puis de l'autre ;
  • douleur du talon (tendon d'Achille ou dessous du talon), gonflement d'un genou ou d'une cheville, doigt ou orteil entièrement gonflé « en saucisse » ;
  • fatigue fréquente.

La maladie peut s'associer à un psoriasis, à une maladie inflammatoire de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite) ou à une uvéite, une inflammation de l'œil. Un œil rouge, douloureux, sensible à la lumière avec une vision floue impose de consulter un ophtalmologiste en urgence, le jour même.

Le diagnostic

Le diagnostic est souvent fait avec plusieurs années de retard, car les douleurs sont confondues avec un mal de dos banal. Il repose sur un ensemble d'arguments réunis par le rhumatologue :

  • l'interrogatoire, qui reconnaît le caractère inflammatoire de la douleur et recherche les antécédents familiaux, le psoriasis ou les troubles digestifs ;
  • l'examen de la colonne, du bassin, des articulations et des enthèses ;
  • une prise de sang : inflammation (CRP) et recherche du HLA-B27 ;
  • une radiographie du bassin et, souvent, une IRM des sacro-iliaques, réalisée en centre d'imagerie, qui peut montrer l'inflammation avant qu'elle ne soit visible sur la radiographie ;
  • l'échographie réalisée au cabinet, utile pour rechercher une inflammation des enthèses (talon, tendons) ou des articulations périphériques.

La prise en charge au cabinet

Le traitement vise à soulager les douleurs et la raideur, à préserver la mobilité et la qualité de vie. Il est décidé selon l'examen et l'indication posée par le médecin :

  • l'activité physique et les exercices sont un pilier du traitement : étirements, exercices de posture et de respiration, activités comme la natation ou la marche. Une rééducation chez un kinésithérapeute peut être prescrite ;
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont le traitement de première intention et soulagent souvent nettement les douleurs inflammatoires ; leur usage est encadré en raison de leurs effets possibles sur l'estomac, les reins et la tension ;
  • les biothérapies (anti-TNF, anti-IL-17) ou certains traitements ciblés sont proposés lorsque la maladie reste active malgré les AINS, après un bilan préalable, notamment de dépistage de la tuberculose ;
  • dans les formes avec atteinte des articulations périphériques, un traitement de fond comme la sulfasalazine peut être utilisé ;
  • une infiltration échoguidée peut soulager une articulation ou une enthèse qui reste inflammatoire ; le tendon d'Achille n'est pas infiltré par des corticoïdes en raison du risque de rupture.

Évolution et précautions

La spondylarthrite évolue par poussées entrecoupées de périodes plus calmes. Chez certains patients, elle peut entraîner à long terme un enraidissement de la colonne ; une prise en charge précoce et des exercices réguliers aident à le limiter. Le tabac aggrave la maladie et doit être arrêté. Sous biothérapie, une fièvre ou un signe d'infection doivent faire consulter rapidement. Le dépistage de l'ostéoporose fait aussi partie du suivi.

Conseils au quotidien

  • faites chaque jour quelques minutes d'étirements, surtout le matin ;
  • pratiquez une activité physique régulière que vous aimez ;
  • surveillez votre posture : dos droit au bureau, écran à hauteur des yeux ;
  • dormez sur un matelas ferme, avec un oreiller pas trop épais ;
  • arrêtez le tabac ;
  • signalez à votre rhumatologue tout œil rouge, trouble digestif persistant ou plaque de psoriasis.

Comment se déroule la prise en charge au cabinet

  1. Analyse de votre mal de dos – Le médecin précise l'horaire des douleurs, la raideur du matin et les signes associés (talon, yeux, peau, intestin), ainsi que les antécédents familiaux.
  2. Examen et échographie – La colonne, le bassin et les articulations sont examinés ; une échographie des enthèses ou des articulations peut être faite au cabinet.
  3. Bilan complémentaire – Une prise de sang, une radiographie du bassin et, si besoin, une IRM des sacro-iliaques sont prescrites pour confirmer le diagnostic.
  4. Traitement et suivi – Un programme d'exercices et un traitement adapté sont mis en place, puis réévalués en consultation ; une biothérapie est discutée si la maladie reste active.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon mal de dos est inflammatoire ?

Un mal de dos inflammatoire commence souvent avant 40 ans, s'installe progressivement, réveille en fin de nuit, s'accompagne d'une raideur le matin et s'améliore en bougeant. Si vous vous reconnaissez dans cette description, parlez-en à un rhumatologue.

Je suis HLA-B27 positif : ai-je forcément une spondylarthrite ?

Non. Le HLA-B27 est présent chez une partie de la population en bonne santé, et la plupart des porteurs n'auront jamais la maladie. Il s'agit d'un argument parmi d'autres, qui doit être interprété avec les symptômes et l'imagerie.

La spondylarthrite rend-elle le dos complètement bloqué ?

Pas chez tout le monde. Un enraidissement important de la colonne concerne une partie des patients, surtout en l'absence de traitement et d'exercice. Une prise en charge précoce, l'activité physique régulière et l'arrêt du tabac aident à préserver la mobilité.

Peut-on faire du sport avec une spondylarthrite ?

Oui, c'est même recommandé. La natation, la marche, le vélo ou les étirements sont particulièrement adaptés. Pendant une poussée, l'intensité est réduite mais le mouvement reste utile.

Combien de temps faut-il prendre les anti-inflammatoires ?

La durée dépend de l'activité de la maladie et de la tolérance. Certains patients les prennent pendant les poussées, d'autres plus longtemps sous surveillance. Le rhumatologue adapte la dose et vérifie régulièrement la tension, les reins et l'estomac.

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